Aujourd’hui on voit pourquoi et comment nous avons décidé de quitter Slack
- D’abord pour des raisons économiques
- Ensuite pour des raisons de souveraineté
- Et enfin parce que Slack est un logiciel propriétaire
On vous expliquera ensuite pourquoi on a choisi Mattermost
Si vous connaissez Data For Good, il y a de très grandes chances que vous connaissiez ou ayez même déjà rejoint notre espace de discussion Slack.
Slack est l’outil de communication cardinal de l’association, l’endroit où nous centralisons tous nos échanges et où nous coordonnons notre action.
🛠️ Si vous avez déjà participé à une saison vous savez que c’est sur Slack que les bénévoles organisent le travail sur les projets.
Même sans avoir participé à une saison, vous suivez probablement les communications internes à l’association sur #général, vous avez sûrement jeté un oeil à #opportunités-for-good, et peut-être même participé à un apéro organisé dans #antenne-paris.
Bref, Slack, c’est là où tout se passe. Enfin, là où tout se passait. À partir du 8 Décembre on migre la communauté sur notre propre instance Mattermost. Ne vous inquiétez pas, vous retrouverez tous vos repères et vos canaux préférés sur Mattermost.
Dans cette édition de la newsletter vers l’autonomie et au delà on vous explique pourquoi on a choisi Mattermost, et comment on le met en production.
Bonne lecture !

Pourquoi quitter Slack ?
💵 La dépendance économique
Comme beaucoup d’associations à but non lucratif, Data For Good profite depuis sa création d’un espace Slack gratuit. Nous bénéficions donc d’un forfait Pro gratuit, malgré une communauté qui compte aujourd’hui plus de 8000 membres.
Seulement voilà, les conditions d’accès à cette réduction ONG changent dans le temps, et restent soumises à la bonne volonté de Slack. Par exemple les conditions auxquelles notre espace Slack restent gratuites ne sont plus proposées par l’entreprise aujourd’hui sur leur page dédiée aux réductions pour les associations.
Les conditions d’accès à cette offre semblent donc assez arbitraires, et l’on a vu récemment des décisions assez inquiétantes prises par les équipes commerciales de Slack, revenant sur des réductions accordées de longue date, comme à la communauté du CNCF par exemple, ou la communauté Hack Club.
Pour bien se rendre compte, un plan Slack Pro pour un espace de travail de 8000 membres coûte 54 000€ par mois, ou 648 000€ par an.
Nous nous sommes retrouvés en face d’un constat assez inconfortable : le canal d’organisation et de communication principal de l’association a un coût qui ne serait pas supportable par Data For Good s’il ne nous était pas offert gracieusement. En outre, cette gratuité dépend du bon vouloir d’une entreprise privée dont ils semble qu’elle peut s’arrêter du jour au lendemain.
Sans espace de collaboration et de communication, l’association ne peut continuer à fonctionner, il nous est donc paru vital de trouver une solution pour pouvoir supporter le coût d’un tel outil, si possible en prenant à notre charge le fait de l’héberger.
⛓️💥Souveraineté des données
Comme nous l’avons déjà expliqué dans le premier numéro de cette newsletter, les entreprises soumises au droit américain représentent une menace pour la sécurité des données d’organisations et de citoyens européens.
Bien sûr, Slack propose à ses clients des garanties concernant le stockage de données dans des centres de données hors des États-Unis.
Cependant, Slack est une entreprise américaine, soumise au droit américain, donc au Cloud Act ou autres FISA, ce qui oblige l’entreprise à répondre aux éventuelles sollicitations d’administrations ou cours de justice états-uniennes.
En tant que citoyens européens nous avons donc intérêt à nous tourner vers des logiciels qui nous permettent d’héberger nos données en Europe, à l’abri des réquisitions administratives extra-territoriales.
👩💻 Un logiciel propriétaire
Si Slack a gagné si rapidement en parts de marché à sa création, malgré une offre déjà complète de logiciels de discussion et d’organisation de groupes en ligne, c’est entre autres par son expérience utilisateur très accessible, et par son modèle commercial : le logiciel sous forme de service (SaaS).
Pour les entreprises, Slack remplit un vide entre les solutions de messagerie instantanées centralisées mais dépourvues de fonctionnalités dédiées au monde du travail comme Skype ou MSN Messenger, et les solutions de messagerie d’entreprise reposant alors largement sur un auto-hébergement par les organisations.
Si cette délégation du métier d’hébergement a rendu Slack très compétitif par rapport à ses concurrents, c’est cette même centralisation qui nous semble aujourd’hui problématique.
En effet, Slack est un logiciel propriétaire, édité par une entreprise qui a des impératifs commerciaux, et des objectifs de rentabilité économique. À ce titre, les clients de Slack ne peuvent refuser les évolutions apportées au logiciel pour lequel il paient, influencer les nouvelles fonctionnalités du logiciel, ni même bien sûr, contribuer à son développement. C’est ainsi que Slack pousse fortement de nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA générative, qu’il est pénible voir impossible de désactiver, et que nous ne souhaitons ni utiliser ni enrichir par l’ajout de nos conversations à la base de données de Slack.
En tant que communauté d’experts du numérique, nous aimons l’idée d’utiliser des logiciels que nous sommes capables de comprendre, d’héberger, et auxquels nous pouvons contribuer.

Pourquoi Mattermost
Pour remplacer Slack, nous avons comparé plusieurs logiciels selon notre grille de critères. Nous avons ainsi testé Synapse (l’implémentation de référence du protocole Matrix), Zulip, Rocket.chat, et Mattermost sur lequel nous avons arrêté notre choix.
👇 Voyons ensemble comment Mattermost répond à chacun de ces critères
⛓️💥 Souveraineté des données
Mattermost nous permet d’héberger nos données sur notre infrastructure Scaleway localisée dans le datacenter Paris 2.
Que ce soit sur nos machines Elastic Metal, dans notre base de données PostgreSQL gérée par Scaleway ou dans le stockage objet S3 proposé par Scaleway, nos données ne sont accessibles que par nous, et nous en gardons le contrôle absolu.
🤝 Compatibilité avec notre système d’authentification et de contrôle d’accès OIDC
Nous avons décidé de construire une suite d’outils complète pour l’associations. Nous aurons l’occasion de l’expliquer plus en détail dans un prochain numéro de cette newsletter, mais nous pensons que cela passe par un outil de centralisation de l’authentification et du contrôle d’accès.
Nous souhaitons donc ajouter des outils à notre suite qui supportent l’authentification via OIDC, et c’est le cas de Mattermost.
👩💻 Ouverture et disponibilité du code
Le code de Mattermost est public, sous licence MIT, et bien maintenu par la communauté puisque les sorties sont mensuelles.
Le coeur du code est libre, même si une offre payante existe, qui conditionne l’accès à certaines fonctionnalités.
🛠️ Coût et complexité opérationnelle
Parmi les alternatives testées, Mattermost nous a paru être la plus adaptée techniquement au fonctionnement de notre infrastructure.
Mattermost livre des images Docker prêtes à être lancées, ce qui fonctionne bien dans le contexte de notre cluster Docker Swarm. D’autre part, les containers stockent globalement l’ensemble des informations dans une base de donnéees et un stockage objet.
En outre, la montée en charge se gère de manière douce en ajoutant des briques logicielles au besoin.
Une réplique en lecture seule de la base de données peut être configurée facilement pour la lecture des messages, un système de recherche externe peut être mis en place facilement.
Mattermost est modulaire, s’adapte bien à la montée en charge, et la communauté propose et maintient de nombreuses extensions que nous pouvons installer facilement.
💵 Dépendance économique
Comme dit plus haut, le modèle économique de Mattermost est un modèle classique du monde de l’open source : certaines fonctionnalités ne sont accessibles que via une licence entreprise.
Bien que nous nous soyons assuré du fait que la version communautaire (et donc gratuite) de Mattermost satisfaisait l’ensemble de nos besoins, nous avons également contacté Mattermost pour bénéficier de leur réduction destinée aux ONGs.
Contrairement à celle de Slack, celle-ci est contractualisée, et nous avons payé notre licence pour plusieurs années, avec une réduction dont les conditions exactes sont détaillées ici. Nous ne dépendons donc pas économiquement de Mattermost, et pouvons très bien choisir de ne pas renouveler notre licence lorsque celle-ci expirera.
Nous avons donc choisi et déployé Mattermost. En fait, la team-orga l’utilise depuis quelques semaines, et le conseil d’administration et les salariés sont dessus à temps plein depuis plusieurs mois.
À partir du 8 Décembre, on invite toute la communauté à nous rejoindre !
Si vous voulez migrer dès maintenant, nous vous ouvrons cette possibilité, seulement pour vous, fidèles abonné·es de la newsletter Vers l'autonomie et l'au-delà !
Ronan vous a préparé un petit tuto pour que votre arrivée sur la nouvelle plateforme se passe bien, vous pourrez la retrouver juste ici.
On se voit de l’autre côté ✌️ et à bientôt pour une nouvelle édition de la newsletter !

*Newsletter écrite à la main, sans utilisation d'IA générative par Paul